Exposition « Arts et anarchie »
1 février 2027 — 27 juin 2027
Communiqué de presse
Exposition « Ni Dieu ni maître ! Arts et anarchie de Courbet à Banksy »
L’exposition propose d’explorer les liens entre la pensée anarchiste et les arts du XIXe siècle à nos jours. Sans cesse réinventée au fil des époques, l’anarchisme recherche l’avènement d’une société nouvelle permettant l’émancipation des individus, affranchis des dogmes et des systèmes, libres de choisir leurs valeurs comme leur mode de vie. Il sera abordé de manière globale et à travers ses liens avec toutes les disciplines artistiques – arts plastiques mais aussi mode, design, architecture, littérature ou encore musique.
L’anarchisme naît du capitalisme et de la Révolution industrielle à une époque où l’utopie du progrès laisse progressivement place à une réalité plus sombre. En cette seconde moitié du XIXe siècle, l’émergence de la première mondialisation et du système capitaliste est à l’origine de ce qu’on appelle alors la « question sociale » et conduit à l’émergence des idées anarchistes.
Dès le milieu du XIXe siècle, cette pensée séduit nombre d’artistes qui prennent conscience de leur dépendance vis-à-vis du monde de l’argent mais aussi de la marchandisation de leurs œuvres. Partisans d’un art sans contrainte, certains sont attirés par la dimension individualiste de l’anarchie comme plusieurs peintres néo-impressionnistes parmi lesquels Paul Signac.
À la même époque, les attentats anarchistes marquent profondément l’imaginaire collectif et font du tournant des années 1900, l’une des époques les plus connues de l’histoire de l’anarchie. Cette actualité politique et la figure de l’anarchiste « poseur de bombe » font aussi une forte impression sur des artistes comme Vallotton, Steinlen ou Kupka. Leurs dessins illustrent les journaux proches de la pensée libertaire qui accompagnent l’essor extraordinaire de la presse à la fin du XIXe siècle (La Revue blanche, L’Assiette au beurre, Le Père peinard…).
Le XXe siècle s’ouvre avec la palette explosive des peintres fauves. Leurs sympathies souvent anarchistes accompagnent une audace chromatique qui fait voler en éclat les codes de l’art occidental. La première moitié du siècle est aussi celle des révolutions et culmine avec la guerre d’Espagne, épisode fondamental de l’histoire de l’anarchie, marqué par les contributions d’artistes engagés comme Balthasar Lobo ou Gustavo Cochet.
Après-guerre, la pensée libertaire investit encore davantage le champ culturel et participe à des mouvements contestataires aussi emblématiques que Mai 68 qui a marqué l’imaginaire collectif par le graphisme de ses affiches. Au début des années 1970, certains architectes critiquent la servitude qu’impose l’organisation spatiale de la société tandis qu’avec humour, les sculptures à moteur de Jean Tinguely questionnent les notions de modernité et le consumérisme de l’époque.
La fin des « Trente Glorieuses » et du rêve hippie donne naissance au nihilisme punk qui se renouvelle dans la France des années 1980. Son goût pour la provocation investit la musique, l’art de la scène, la mode. Il s’exprime aussi dans la production des fanzines dont le sens de la transgression n’est pas sans rappeler l’esprit de l’estampe « fin-de-siècle ».
Cette force de l’image est aussi celle de la bande dessinée depuis les premiers romans graphiques jusqu’à la série emblématique V comme Vendetta en passant par la revue américaine Anarchy Comics et Jacques Tardi. La pensée libertaire s’exprime aussi dans l’espace urbain par le biais du graphisme original des affiches de collectifs ou d’anonymes mais aussi du tag urbain qui cherche à réinvestir la ville comme lieu d’expression libre.
Cette exposition est une co-production de La Piscine-Musée d’art et d’industrie André Diligent de Roubaix (9 octobre 2026-24 janvier 2027) et du musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon (27 février-4 juillet 2027). Elle bénéficie du soutien exceptionnel du musée d’Orsay, de la Bibliothèque nationale de France, de l’Annonciade-Musée de Saint-Tropez et des Archives Signac.
Commissariat de l’exposition :
Adèle Taillefait, conservatrice en charge des collections beaux-arts au musée d’art et d’industrie André Diligent-La Piscine,
Maël Vandewalle, conservateur en charge des collections beaux-arts au musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon.