Conservateur·trice
Gardien·ne du patrimoine, il·elle sélectionne, étudie et valorise les œuvres tout en supervisant les acquisitions et les expositions temporaires.
De la halle au grain médiévale au musée contemporain — l'un des plus anciens musées de France.
Dès 1694, l'Abbé Boisot lègue à la ville sa collection, composée en grande partie de celle de la puissante famille des Granvelle, à condition qu'elle soit montrée au public deux fois par semaine. Cette exigence, exprimée pour la première fois dans l'histoire, préfigure l'idée d'une collection publique — en quelque sorte un « musée » — cent ans avant la création du Louvre à la Révolution française.
C'est à partir de 1843 que les collections devenues publiques et augmentées des saisies révolutionnaires sont installées dans la nouvelle halle aux grains, édifice conçu par l'architecte Pierre Marnotte. Les collections d'art cohabitent un temps avec les activités commerciales de la halle. En 1849, le musée d'Archéologie est créé à son tour et rejoint ce même lieu.
La collection va s'enrichir de manière spectaculaire grâce aux dons de collectionneurs, pour la plupart bisontins. Les fonds les plus importants proviennent de Pierre-Adrien Pâris, architecte du roi Louis XVI (183 dessins, 38 peintures, des séries d'objets d'art rapportées d'Italie, des vestiges archéologiques étrusques et romains) et du peintre Jean Gigoux en 1894 (3 000 dessins et 460 tableaux).
Le dépôt de George et Adèle Besson (112 peintures et 221 œuvres graphiques), grands amateurs d'art moderne, est l'occasion pour Louis Miquel — collaborateur de Le Corbusier — d'agrandir le musée en édifiant dans son ancienne cour centrale une structure en béton brut. Une succession de plans inclinés scandés par des paliers irréguliers s'élève au cœur de l'édifice, produisant l'effet trompeur d'un labyrinthe où le visiteur peut avoir l'impression (illusoire) de se perdre.
Là où Marnotte aimait la symétrie et les arcs en plein-cintre, Miquel choisit la dissymétrie, les arêtes vives et les formes cubiques. Marnotte proposait l'immuable ; Miquel, le phénomène de croissance.
Le projet du cabinet Architectures Adelfo Scaranello est fondé sur le respect et la valorisation des deux architectures historiques du musée : la halle aux grains de Marnotte (1843) et la structure intérieure en béton brut de Miquel (1970). En retirant les nombreux rajouts accumulés au fil des décennies, 1 500 m² supplémentaires ont été rendus accessibles au public dans des conditions de conservation et d'accueil modernisées.
L'importance donnée aux sources de lumière du jour — puits de lumière, ouvertures de fenêtres, abaissement des allèges — crée une ouverture sur la ville, une passerelle entre le badaud et le visiteur. Depuis la rue, chacun peut apprécier les œuvres exposées le long des galeries, invité à pénétrer dans le musée et à en découvrir toujours plus.
1 place de la Révolution
25000 Besançon
Les collections d'archéologie régionale illustrent la vie des habitants autour de la vallée du Doubs, de la Préhistoire à la période gallo-romaine. Des premiers galets peints et gravés, 14 000 ans avant notre ère, aux mosaïques de la Vesontio romaine en passant par les armes et les bijoux des âges des métaux, ce sont tous les aspects de la vie, des croyances et de l'art que retrouve le visiteur. Objets du quotidien, perdus, cachés ou enfouis dans la tombe côtoient des pièces exceptionnelles, comme le casque de légionnaire, le taureau à trois cornes d'Avrigney ou la tête de bois de Luxeuil, qui rappellent la qualité artistique et la richesse culturelle de la région il y a plus de 2 000 ans.
Une salle entière est consacrée à cette discipline si appréciée des publics et dont les collections remontent aux origines même du « musée Archéologique de Besançon ». Installées presque au sommet de la structure Miquel, les collections égyptiennes s'organisent autour des sarcophages richement décorés de la momie de Séramon. Deux objets exceptionnels, la statue polychrome d'Osiris et le papyrus « mythologique » de Séramon, déposés par le musée du Louvre, complètent cette présentation qui se focalise sur le traitement de la mort durant l'Antiquité égyptienne à la lumière des avancées scientifiques de ces dix dernières années.
Cette salle met à l'honneur une partie des plus belles sculptures médiévales et de la Renaissance du musée. La sélection de Vierges à l'Enfant témoigne de la diffusion du culte marial et des différentes approches matérielles et iconographiques au fil des siècles. Les autres pièces présentées sont les derniers vestiges des décors de constructions comtoises disparues, comme le portail du XIIIe siècle de l'ancienne collégiale de la Madeleine et le jubé du XVIe siècle de la cathédrale Saint-Jean de Besançon. Le gisant commandé à Pepin de Huy par Mahaut d'Artois et le lion couché de l'atelier de Jean de la Huerta proviennent de prestigieux tombeaux, autrefois à Poligny (Jura) et à Labergement-Sainte-Marie (Doubs).
Le parcours beaux-arts débute par une salle introductive consacrée aux principaux donateurs du musée. Le rez-de-chaussée articule différentes thématiques mêlant des œuvres des écoles méridionales et septentrionales autour d'iconographies communes (la dévotion mariale, le portrait). Une section consacrée à Venise au XVIe siècle est représentée par ses plus illustres artistes (Bellini, Titien, Bassano, Tintoret). Une autre section est dédiée au Maniérisme des cours à « l'automne de la Renaissance ». Enfin, une section monographique autour de Lucas Cranach père et fils est proposée aux visiteurs.
Inventée au Proche-Orient, la faïence est le fruit de la confrontation avec sa rivale, la porcelaine de Chine, exportée dès la dynastie Song (Xe – XIIIe siècles) vers l'Occident. Dès le VIIIe siècle, les céramistes mésopotamiens réussissent à mettre au point la technique de la faïence en ajoutant un oxyde d'étain à la glaçure imperméable, offrant aux artisans une surface claire apte à recevoir un décor. Après avoir gagné l'Afrique du Nord, la faïence est importée en Espagne par les colons arabes, puis essaime dans le reste du continent à partir du XIIIe siècle.
La rampe, dont la première station est une chapelle de béton accueillant la sublime Déploration sur le Christ mort de Bronzino, dévoile principalement les collections de peintures du XVIIe siècle, présentées par sections organisées selon des principes d'École (Naples, l'Espagne, la question de l'École Française), de chef d'École (le « phare » Rubens) ou d'iconographie (les saints de la Contre-Réforme, la Ville en flamme, Natures mortes et paysages). L'un des principes guidant l'accrochage est celui de la contextualisation par la juxtaposition d'œuvres réalisées à la même époque dans des foyers variés.
Le parcours débute par l'évocation de l'essor du collectionnisme au travers de deux figures d'importance : Bergeret de Grancourt (1715–1785) et Pierre-Adrien Pâris (1745–1819). Le second légua l'intégralité de sa collection à la ville de Besançon : œuvres d'Hubert Robert, de Boucher, de François-André Vincent et la Mascarade de Jean Barbault. Le parcours aborde ensuite les grandes évolutions de la peinture d'histoire, les commandes religieuses et les délicats modèles en terre cuite témoignant des projets d'aménagement de l'espace public.
Les collections du XIXe siècle, peintures et sculptures, sont regroupées dans une grande galerie d'éclairage zénithal selon quatre thèmes. L'œuvre de Gigoux y est représentée (Goya, Ingres, Géricault, Delaroche, Granet…). La monumentale Hallali du cerf de Courbet, fierté de Besançon depuis 1882, accompagnée d'un ensemble de peintures MNR (dépôt de 1953), introduit la question du paysage qui se prolonge vers les espaces consacrés à la donation Besson.
Le parcours s'achève, en haut de la spirale à sections carrées, en pleine lumière du jour, avec deux exceptionnels tableaux de Bonnard — le Café du Petit-Poucet et La Place Clichy. Ils voisinent avec Marquet, Matisse, Picasso, Renoir, Signac, Suzanne Valadon, Félix Vallotton… Ces tableaux issus de la donation George et Adèle Besson donnent une remarquable représentation de l'art de la première moitié du XXe siècle. Le parcours se conclut par une section dont les accrochages varient durant l'année.
1694
Don Boisot — 1ère collection publique
1843
Halle aux Grains de Marnotte
1963
Extension Miquel en béton brut
2018
Rénovation Scaranello
L'art, le temps et le patrimoine horloger de Franche-Comté — au cœur du Palais Granvelle.
Installé dans le Palais Granvelle, joyau de la Renaissance bisontine bâti au XVIe siècle, le Musée du Temps explore la relation entre l'homme et le temps à travers les arts, les sciences et l'industrie horlogère franc-comtoise.
Ses collections uniques — montres de poche, horloges astronomiques, portraits historiques — témoignent de la place prépondérante de Besançon dans l'histoire mondiale de l'horlogerie.
96 Grande Rue
25000 Besançon
XVIe
Le Palais Granvelle
XIXe
Capitale Horlogère
1956
Musée Municipal
2002
Le Musée du Temps
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Les équipes
Derrière chaque œuvre, chaque exposition et chaque visite, des femmes et des hommes passionnés exercent des métiers aussi variés que spécialisés.
Gardien·ne du patrimoine, il·elle sélectionne, étudie et valorise les œuvres tout en supervisant les acquisitions et les expositions temporaires.
Interface entre les œuvres et les visiteurs, il·elle conçoit et anime des visites, ateliers et programmes pédagogiques pour tous les publics.
Expert·e en matériaux et techniques artistiques, il·elle diagnostique l'état des œuvres et intervient pour freiner leur dégradation ou les restaurer.
Conteur·euse passionné·e, il·elle guide les visiteurs à travers les collections permanentes et les expositions, adaptant son discours à chaque public.
Organisateur·trice de l'ombre, il·elle coordonne les prêts, emballages et transports d'œuvres entre musées, garantissant leur intégrité à chaque déplacement.
Ambassadeur·rice du musée, il·elle imagine les campagnes, gère les réseaux sociaux et entretient les relations avec la presse et les partenaires.
Soutien & engagement
Fondée en janvier 1949, l'association rassemble les amis des arts et de la culture qui s'intéressent plus spécialement aux musées et à la bibliothèque de Besançon. Son but est de favoriser l'essor de ceux-ci par l'enrichissement de leurs collections, la promotion et le rayonnement de leur action en faveur du patrimoine, d'encourager et de propager le goût des arts anciens et contemporains.
Il est possible de réserver le hall d'honneur, la salle de conférence ou l'ensemble du musée des beaux-arts et d'archéologie en dehors des horaires d'ouverture. Pour connaître les tarifs et pour plus d'informations, contactez l'accueil du musée.
Nous contacterAteliers créatifs, visites guidées, spectacles vivants et conférences — choisissez votre expérience.
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